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Étang Stater

Description

Facile d’accès, ce site enchanteur propose désormais une activité marquée par l’émerveillement et le rapprochement avec la nature.

L’endroit est toujours fréquenté par la tortue serpentine qui, chaque printemps, vient y pondre ses œufs sur des buttes de gravier, un rituel qu’elle répète depuis des milliers d’années. 

L’étang Stater est déjà bien connu des amateurs d’ornithologie comme étant un site privilégié pour l’observation de la faune ailée.

L’endroit est d’autant plus intéressant en raison de l’aménagement de la gravière protégée pour la quiétude des tortues et de l’érection d’une tour de nidification pour le balbuzard pêcheur.


Aménagements

Tour d'observation

Une tour d'observation de bois brut, que les éléments de la nature altèrent peu à peu, fait partie de ce marais où se côtoient de multiples espèces d’oiseaux, même rares, des poissons, des batraciens et des plantes des marais qui font de l’étang Stater un des rares et combien précieux marais filtrant naturel. Ce kiosque permet maintenant aux amants de la nature de s’y glisser discrètement et d’admirer.

 

Barrière à tortue et tas de gravier en arrière plan



Des éléments décoratifs s’intègrent avec harmonie au site et mettent en évidence des acteurs centraux de ce riche milieu humide. Ici, une tortue se déplace dans la végétation, partie de son environnement. À l’arrière, l’un des butons de gravier aménagés pour faciliter l’enfouissement des œufs de la tortue serpentine qui seront réchauffés tout l’été avant leur éclosion, tôt à l’automne.


Faune

Serpentine sur le gravier



Les émotions sont les mêmes : étonnement et fascination. Étonnement, parce que voir une grosse tortue ici, chez-nous, fait voler en éclats la croyance trop répandue que les tortues sont des reptiles des pays du sud. Fascination, parce que la tortue rejoint l’inconscient collectif. On sait vaguement qu’elle vit vieille, plus vieille que nous, la serpentine, soit plus de cent ans. Davantage, on sait aussi vaguement qu’elle vient de la nuit des temps, environ 200 millions d’années. En fait, la tortue fut contemporaine des dinosaures, qui eux ont disparu depuis si longtemps. On voit ici la tortue serpentine déambulant sur un tas de gravier dans lequel elle s’enfoncera pour y pondre ses œufs.

 

Tour du balbuzard

Le regard aiguisé de l’observateur découvrira une tour effilée traçant une fine ligne à l’horizon. À son sommet, un enchevêtrement de tiges de plantes, prélevées dans le marais, révèle la présence d’un rapace qui a tout pour festoyer à l’Étang Stater. Il s’agit du Balbuzard. Davantage, il a adopté ladite tour parce qu’elle lui garantit les conditions recherchées pour sa nidification.

 

Pygargue



Spectaculaire, il l’est. Qu’il soit haut perché, le port de tête altier, et le regard aiguisé fouillant le paysage, qu’il se détache sur un ciel bleu, multipliant les circonvolutions en vol plané, toutes ailes déployées, il nous émerveille. L’étang Stater est un lieu sûr pour qui veut admirer le Pygargue, cet imposant rapace diurne.


Historique

Au fil du temps, la tradition orale et la cartographie ont identifié cet étang de bien des appellations tels que Slater, Slather, Stater.

Robert Stather, né en 1842, est originaire du Yorkshire en Angleterre. Il arrive au Québec vers 1883 pour y travailler dans le secteur minier. Le 29 novembre 1889, il signe, à Back Lake, ingénieur minier au bas d’un acte notarié.

Il demeure à l’Hôtel Bennett à Black Lake, construite en 1888, et devient propriétaire du bâtiment de la Québec Bank qui sera saisie par la Municipalité, en 1915. Il est membre et secrétaire du Club Asbestos. En tant que gérant-général, il exploite par bail la Glasgow and Montreal Mine Company, en fonction dans la région depuis 1888. Avec Robert T. Hopper, ils achètent la liquidation de la Glasgow le 11 mai 1907 pour la revendre à l’Amalgamated Asbestos Corporation, en mai 1909.

Dans The Gazette du 12 juillet 1900, on peut lire que « Jasper Bennett agrandit le Camp Purity de Robert Stather sur l’île ». On précise que cette île était méconnue avant que ce gentleman demeurant à Black Lake l’ait acheté quelques années plus tôt et y construise un chalet qu’il a nommé Camp Purity.

Dans l’édition du 7 juillet 1904, on relate le picnic du 21 juin « sur la petite île entourée de la rivière Thames (Bécancour) et le début du Trout Lake (Lac-à-la-Truite). Les invités sont attendus pour 10h, ils seront conduits sur l’île en chaloupe et accueillis par M.Stather lui-même. À midi, une grande table est dressée sur la plate-forme qui servira de plancher de danse assez grand pour accueillir deux sets de danseurs accompagnés du musicien James Pidgeon et son violon.

Les plus jeunes profitent de promenades en chaloupe autour de l’île. Crème glacée, fruits et autres gâteries sont offerts. Vers 18h on se regroupe sur la véranda pour s’abriter de la pluie. Lorsqu’on pense au retour à la maison, trois cheers (acclamations) sont proposées en remerciements à M.Stather, suivies du God Save the King chanté par les dames. Ce fut un des plus agréable picnic jamais tenu dans le Township of Ireland où on a accueilli près de 100 personnes. On dit que M. Stather prend autant de plaisir que ses invités lors de ces grandes réceptions. »

On qualifie Stather d’ideal and genial host. En 1904, le Camp Purity est détruit par le feu et reconstruit la même année par S.H. Bennett. M. Stather reçoit des parents, amis et gens d’affaires d’Angleterre et il y effectue quelques voyages pour rendre visite ses trois enfants qui y vivent avec leur mère, Louise Blaitlock.

Au recensement de 1911, il demeure à Maple Grove où il achète la ferme Henry Lord, restaure les bâtiments et en confie la gérance à M. Haywood. Au recensement de 1921, il demeure à Saint-Ferdinand d’Halifax chez Richard L. Dillon située sur les rives du lac William. Le 1er février 1929, il décède à l’âge de 87 ans sur la Côte d’Azur où il demeurait chez sa fille.

Ces notes biographiques et historiques témoignent de l’origine du nom. En 2009, la Municipalité d’Irlande a mis en valeur l’étang et son accès en aménageant un site d’observation pour les tortues serpentines et certains oiseaux migrateurs.

Au fil de nos recherches, nous avons aussi appris que l’étang a été connu sous le nom de Donaghy’s Pound en référence à William J. Donaghy, propriétaire dans le secteur Cranberry, pour l’identification du service postal. Et, que le lac-à-la-truite a été appelé Lord’s Lake, en référence à Henry Lord, propriétaire de cinq lots situés de part et d’autre du lac-à-la-Truite.

 

Recherches: Sylvain Grondin et Henri Laframboise

Texte: Céline Roy

Références:

  • Fortier, Clément, Black Lake, Lac d’Amiante 1882-1982, éditeur non identifié, 1983, p. 67, 73, 80 et 191.
  • The Gazette, Juillet 1900 et 1904
  • Recensements 1871, 1891, 1911 et 1921

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